Le non-verbal : certificat d’authenticité

Lorsque nous échangeons des propos, l’information qui passe de nous à l’autre et de l’autre à nous est constituée de plusieurs moyens d’expression dont la parole n’est qu’un élément. Pour donner un sens à nos messages, nos interlocuteurs perçoivent et interprètent plusieurs types d’informations, que l’on appelle non-verbal : attitudes, gestuelles, posture, expression du visage, intonations de la voix, contenu du discours.

On ne s’en rend pas forcément compte, mais la plus grande partie de l’information échangée est essentiellement non-verbale. Il paraît même que ce non-verbal représente au moins 90% de l’information.

 

 

 

1 • Congruence et charisme

 

 

• Notre langage non-verbal trahit nos pensées

 

Si l’on peut apprendre à formuler de meilleures phrases, il est beaucoup moins aisé de modifier son non-verbal. En effet ce non-verbal est manifesté par la moindre fluctuation de notre intonation, de notre respiration, par le plus subtil rictus ou la plus infime modification de notre regard. Mais aussi le moindre changement de notre rythme cardiaque, de la couleur de notre peau, du diamètre de nos pupilles, de nos odeurs corporelles, etc. Autant dire qu’on peut difficilement le maîtriser, car il est davantage généré par ce que l’on pense vraiment que par notre volonté.

 

 

• La congruence, une preuve de sincérité

 

Ce non-verbal signe donc l’authenticité de nos propos. Lorsque nos pensées, nos émotions et nos actes sont alignées avec ce que nous exprimons, notre communication verbal et non-verbal sont en harmonie. On parle alors de comportement congruent.

Notre communication devient efficace, car tous nos moyens d’expression s’accordent pour délivrer le même message ou des messages qui se complètent et se renforcent. Par exemple, les gestes soulignent, appuyant un mot ou une phrase, le ton et le volume de la voix améliore la compréhension des mots. Ce comportement est perçu inconsciemment comme sincère, authentique et vrai et met à l’aise notre interlocuteur.

C’est pour ça que la congruence est l’un des piliers essentiel du charisme.

 

 

 

 

2 • On dirait que tu me caches quelque chose

 

 

• L’incongruence

 

À l’opposé de ce comportement, lorsque l’on émet des messages verbaux et non-verbaux contradictoires (on parle d’incongruence), la qualité de notre communication s’en retrouve profondément altérée. Comme une grande partie de la communication est perçue et comprise inconsciemment, il est parfois difficile pour notre interlocuteur de trouver précisément ce qui ne va pas. Même s’il s’y laisse prendre, la situation ne lui laissera qu’un parfum de manipulation. Il se sentira alors rempli de doutes, d’incertitude, voir d’amertume.

 

 

• Le conflit interne

 

Lorsque nous produisons des incongruences, c’est parce que nous vivons un conflit interne et le plus souvent inconscient. Cela s’exprime, par le ton de la voix qui peut être en contradiction avec les paroles, les paroles, la posture et les gestes mal accordés, le rythme de la parole et celui des gestes désynchronisés… Il en résulte un curieux mélange qui engendre doute et malaise.

Le sourire commercial ou l’amabilité forcée qui nous font commenter en aparté « Trop poli pour être honnête » sont des exemples fréquents d’incongruence. Le « bonjour » obligatoire lancé en évitant le moindre contact visuel le rend inutile et s’oppose à sa mission de bienvenue : il y a incongruence entre le comportement verbal est les indices non-verbaux qui l’accompagne.

 

 

 

 

3 • Aligner son corps et son esprit

 

 

• La congruence artificielle sonne faux

 

Pour être plus congruent, il s’agit d’aligner son corps et son esprit. Alors pourquoi ne pas aligner plutôt les gestes sur les paroles, c’est-à-dire rendre voix et gestes congruents avec nos mots ?

C’est ce que certains spécialistes de la communication font en se livrant à une sorte de dissection des messages émis par des personnes politiques dans leurs prestations télévisées. Leurs études font apparaître que certains gestes sont plus « rassurants » ou plus « chaleureux » que d’autres et qu’il convient donc de les intégrer dans son discours et son comportement pour remplacer ceux qu’on a coutume de faire ou qui apparaissent spontanément et qui pourrait révéler des intentions que l’on n’a pas forcément envie de montrer.

Le problème, c’est qu’à force de vouloir maîtriser leur communication non-verbale, celle-ci devient artificielle et produit l’effet inverse.

L’impression de fausseté que dégage l’expression de ces personnages ayant sélectionné les « bons » gestes provient d’une inadéquation, d’un décalage entre leurs moyens d’expression. Qu’il ressente de la joie, de la colère, de la peur, du mépris ou tout autre émotion, leurs gestes et postures restent identiques ! Pour que le message soit lisible, il faut une harmonie entre les gestes et les paroles, la qualité de la voix et l’expression du visage.

 

 

• Le corps ne ment pas

 

Il est très difficile de réprimer un geste spontané. Même si l’on a une très bonne maîtrise de soi, on fini toujours par se trahir à cause des micro-expressions que notre corps ne peut réprimer. C’est pour cela que lorsqu’on échange avec quelqu’un, il faut toujours privilégier ce qu’il communique par son langage non-verbal, car c’est là que se cache la vérité.

Les vidéos de coupables interrogés avant qu’ils n’aient été jugés responsables de leur crime sont un exemple très parlant pour illustrer cette réalité. On les voit feindre la tristesse, l’accablement et tenter de cacher leurs émotions, mais sans le vouloir, n’y en avoir forcément conscience, ils laissent échapper de micro-expressions qui révèlent leurs émotions ou à l’inverse reste anormalement impassible à force de vouloir les maîtriser.

 

 

 

 

4 • Améliorer la congruence de nos comportements

 

 

• Travailler sur son esprit

 

Pour améliorer la congruence de nos comportements, il faut s’intéresser à l’état intérieur et à l’organisation interne qui les produisent, c’est un travail de développement personnel. Il ne sert à rien de « copier-coller » des comportements sur un état intérieur ne pouvant les produire. Quelqu’un qui éprouve une profonde tristesse ne peut pas exprimer au même instant de la joie, même s’il possède de grands talents de comédien.

Si un comédien veut exprimer de la joie, il faut qu’il se connecte à un souvenir joyeux, pour ressentir profondément cette joie en lui et l’exprimer correctement. Il ne faut pas maquiller son émotion, mais changer d’émotion.

Prendre conscience que se sont nos pensées, notre état d’esprit et nos émotions qui s’exprime à travers notre communication non-verbale est un bon début pour améliorer sa communication. Si notre comportement est incongruent, il faut s’interroger sur les raisons qui nous pousse à exprimer des messages contradictoires. C’est un signe que ce que l’on dit entre en contradiction avec nos convictions, une remise en question est peut-être nécessaire.

 

 

• Observer les incongruences chez les autres

 

Bien sûr, on ne se rend pas toujours compte que notre communication est incongruente, le regard que chacun porte sur soi-même est loin d’être objectif. Savoir reconnaître les incongruences chez les autres est un bon exercice pour les repérer chez soi.

De temps en temps, dans la journée, faites attention à la façon dont les autres communiquent autour de vous. Observez leur comportement, comparez les messages émis par les différents moyens d’expression, pour relever les éventuels décalages.

À force de vous entraîner à reconnaître ces éléments chez les autres et chez vous, vous deviendrez capable de changer votre attitude de façon à être plus congruent.

 

 

 

 

SOURCES:

LA PNL, une méthode de psychologie appliquée pour s’exprimer avec authenticité et COMMUNIQUER AUTREMENT de Catherine Cudicio (Livre)

Dans les secrets de la communication non-verbale (Emission)

Les secrets de la communication non-verbale : Ce corps qui parle ! (Documentaire)

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